🌕 La Treizième Lune ..Le Calendrier Qu'Ils Prirent à la Déesse
Une réflexion de mon autel sur le temps, le contrôle et le rythme oublié du féminin divin.
J'ai un tatouage "13" sur mon bras gauche et on me demande souvent sa pertinence. Plutôt qu'une courte explication, je voulais approfondir le sujet et j'ai pensé que ce blog pourrait être un bon endroit pour l'expliquer. Alors, prenez une tasse de thé et souvenez-vous d'un temps avec moi, un temps avant les horloges et les royaumes, où le temps appartenait à la lune.
Elle marquait le tournant du mois. Il y avait treize lunes dans une année, chacune de 28 jours. Chacune montait et descendait en harmonie avec les marées, les récoltes, le ventre, le cœur sauvage de chaque créature. L'année était un cercle, pas une cage ou une ligne artificielle. Nos ancêtres vivaient selon son rythme et ils nommaient chaque lune (Loup, Fraise, Sang, Récolte, etc.), et chacune portait ses propres rituels et enseignements.
Les corps des femmes suivaient le même modèle, et dans ces cycles, les gens voyaient le divin reflété dans la chair. Le féminin sacré était le temps lui-même, la vie, la mort et le renouveau.
🌗 La saisie du ciel
Puis vint l'âge de l'empire, et avec lui, la soif d'ordre et de contrôle sur les Déesses et leurs Enseignements. Rois et prêtres construisirent des calendriers pour mesurer le grain, taxer les fermiers et planifier leurs guerres. La lune sauvage et changeante représentait une déchirure qu'ils ne pouvaient pas contrôler, alors ils tournèrent leur regard vers le soleil, constant, lumineux, obéissant à la géométrie.
Sous le règne de Jules César, les anciens calendriers lunaires furent remplacés par un calendrier solaire qui devint douze mois inégaux qui servaient les récoltes et les armées au lieu des saisons de l'esprit. Mille ans plus tard, le pape Grégoire XIII le perfectionna pour en faire la version que nous utilisons encore dans le calendrier grégorien.
La lune a été discrètement évitée. Treize est devenu douze. Le cercle est devenu une ligne.
🌒 La diabolisation du treize
Pendant d'innombrables générations, treize avait été sacré, le nombre de lunes, le nombre de fois qu'une femme saigne en un an. C'était le rythme de la Déesse elle-même. La lune a 13 cycles par an, et l'Europe pré-chrétienne célébrait 13 festivals de la Déesse.
Lorsque le nouvel ordre patriarcal s'est installé, tout ce qui était lié à ses cycles a été qualifié de dangereux. Treize est devenu malchanceux, les rassemblements lunaires sont devenus de la sorcellerie, et le temps lui-même a été réécrit pour oublier le corps de la Mère, de la Jeune Fille et de la Vieille Femme. Les systèmes féminins ont été étiquetés païens ou désordonnés. Même notre mot « mois » vient de « lune », pourtant la plupart ont oublié le lien.
Le nombre 13, autrefois sacré, a été stigmatisé : 13 à table lors de la Cène est devenu un présage de mort. 13 sorcières dans un sabbat n'ont pas seulement diabolisé les rassemblements de femmes, mais ont introduit la superstition du malheur du 13. Le vendredi 13 est soudainement devenu un jour maudit, mais c'était le jour lié à l'arrestation des Templiers, ce qui était un autre défi à l'autorité de l'Église. La peur du 13 n'a jamais été cosmique, c'était un conditionnement culturel pour effacer le pouvoir lunaire, cyclique et féminin.
🌔 Le coût du temps linéaire
En échangeant la lune contre le soleil, l'humanité a gagné en efficacité, mais a perdu son alignement.
Nous avons commencé à aller plus vite, à récolter plus, à conquérir plus loin. Le temps est devenu quelque chose à dépenser, non pas quelque chose dans lequel demeurer. Et dans ce changement, nous avons perdu la douceur du flux et du reflux, la vérité que tout est cyclique : naissance, décomposition, renaissance. Le principe féminin de repos et de renouveau a été effacé, ne laissant que la productivité constante, la lumière du jour sans fin et l'épuisement (surtout avec l'heure d'été).
Mais si nous suivions toujours le calendrier lunaire, nous aurions 13 mois de 28 jours (364 jours), ce qui formerait un cercle parfait de 4 semaines par mois, chaque nouvelle lune inaugurant un nouveau mois ; le temps s'écoulerait de manière rythmique, et non mathématique. Des festivals comme Imbolc, Beltane et Samhain s'aligneraient exactement avec l'énergie saisonnière, et nos corps (en particulier les cycles menstruels) se synchroniseraient plus naturellement avec les mois.
🌒 Reconquérir la treizième lune
Mais la lune n'est jamais partie, elle a simplement attendu.
Elle tire toujours les marées et le sang, murmure toujours à travers la peau de la mer et l'épine dorsale de la forêt.
Chaque mois, elle recommence, nous invitant à nous souvenir de ce que les calendriers ont effacé : que le temps est sacré, et que nos corps sont son autel.
Vivre selon son rythme est un acte de rébellion silencieuse. Honorer les 13 lunes, c'est revenir à l'équilibre, à l'ancienne sagesse selon laquelle la vie n'est pas une course autour du soleil, mais une danse entre ombre et lumière. Treize n'a jamais été maudit. Treize était le battement de cœur de la Déesse, caché à la vue de tous.
Il s'agit simplement de se souvenir des liens que la majeure partie du monde a oubliés pendant un temps entre la lune, la terre, la compassion et le pouvoir. Si vous avez trouvé votre chemin jusqu'ici, vous faites ce que les sages ont toujours fait : écouter, questionner et redonner du sens à un monde qui a oublié comment écouter.
✨C'est de la vraie magie et vous la vivez.
🕯 De mon autel au vôtre, puissiez-vous trouver votre rythme dans ses phases, et vous souvenir que vous aussi, vous faites partie du cycle.
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